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Allocution de M. Sergio Mattarella, Président de la République, à l'occasion de la séance conjointe du Parlement pour le Soixantième Anniversaire des Traités de Rome "Les valeurs de l'Europe. La civilisation européenne et l'unité de l'Europe. Sept décennies de paix et de démocratie sur le Continent. Un choix éclairé et clairvoyant"
Madame la Présidente de la Chambre des Députés,
Monsieur le Président du Sénat,
Monsieur le Président du Conseil,
Illustres Sénateurs,
Illustres Députés,
Représentants du Parlement européen,
c'est un honneur pour moi de prendre la parole à l'occasion de cette séance conjointe solennelle par laquelle le Parlement a voulu célébrer le soixantième anniversaire des Traités de Rome.
Dans trois jours, les chefs d'Etat et de gouvernement des pays de l'Union se réuniront au Capitole, dans la même salle où les Traités ont vu le jour.
La célébration de cet anniversaire appelle une réflexion sur le processus d'intégration européenne, qui est d'autant plus pressante que pour la première fois un pays de l'Union, le Royaume-Uni, membre depuis 1973, s'apprête à la quitter.
Il convient avant tout de se demander si la situation de l'Europe et du monde avant les Traités était plus simple ou plus difficile que celle d'aujourd'hui.
Au départ, les fondateurs furent motivés par une condition internationale de grande instabilité, caractérisée par une compétition bipolaire sur tous les fronts.
Au lendemain du conflit mondial, l'Europe, à l'exception de l'Union soviétique, se découvrait divisée et plus faible.
La frontière entre les deux superpuissances coupait notre continent en deux parties, qui resteraient longtemps divisées.
Quelques années plus tôt, le blocus de Berlin et la guerre de Corée avaient risqué de provoquer une troisième guerre mondiale. En 1955, la question autrichienne était réglée de justesse par la clause de neutralité. L'Algérie s'insurgeait pour l'indépendance, obtenue par la Tunisie et le Maroc en 1956. Et encore, cette même année, l'invasion de la Hongrie et la crise du canal de Suez. Cette dernière marquait la fin d'une époque, en délivrant les puissances européennes de toute illusion résiduelle de colonialisme.
Cette situation de fragilité appelait l'Europe à se doter d'une nouvelle perspective.
L'année 1951 fut marquée par la naissance de la Communauté du charbon et de l'acier; un an plus tard, ce fut le tour du Traité du projet de la Communauté européenne de défense, qui par la suite resterait enlisé en France.
Ce fut l'Italie, par la Conférence de Messine d'abord, en 1955, et celle de Venise ensuite, en 1956, qui joua un rôle moteur, avec parmi les protagonistes M. Gaetano Martino, le Ministre des affaires étrangères du gouvernement Segni.
Les pères de l'Europe, qui donnèrent naissance aux Traités, avec le consensus démocratique de leurs pays, n'étaient pas des visionnaires mais plutôt des hommes politiques conscients des défis et des risques et capables de les braver.
Des hommes qui eurent le courage de transformer les faiblesses, les vulnérabilités, les angoisses de leurs peuples respectifs en atouts, en mettant les capacités de chaque pays à la disposition de tous, pour réaliser une grande société ouverte, susceptible d'assurer la liberté, la démocratie et la cohésion réciproques.
L'Europe que nous avons connue au cours de ces années a été un outil essentiel de stabilité et de défense de la paix, de croissance économique et de progrès, d'affirmation d'un modèle social jusqu'ici inégalé, fait de droits et de civilisation.
Les anciens ennemis de la Seconde Guerre mondiale ont participé à sa construction progressive; ils ont été ensuite rejoints par les anciens adversaires de la "guerre froide", ayant appartenu seulement quelques années plus tôt à des alliances qui pendant quarante ans avaient été prêtes à se battre.
Si nous examinons le chemin que nous avons parcouru nous nous rendons compte que ce processus n'a jamais été facile, et ce depuis le début.
Dans les annales, le parcours de l'intégration fut d'abord compliqué par la politique de la "chaise vide" de la France, vers la moitié des années 1960 du siècle dernier.
Vint ensuite ce que Hans-Dietrich Genscher, le ministre allemand des Affaires étrangères, appellerait l'"eurosclérose" des années 1970, qui fut courageusement surmontée au début de la décennie suivante grâce surtout à l'impulsion italienne et allemande.
Le protagoniste, pour notre pays, fut le ministre des Affaires étrangères, Emilio Colombo, assisté par des personnalités de premier rang, telles que le chancelier allemand Helmut Kohl et le Président de la République française François Mitterrand; et même le Président des Etats-Unis, Ronald Reagan.
La crise des cours du pétrole, la hausse des taux d'inflation, le chômage généralisé; autant de problèmes qu'il fallut affronter à l'époque, dans un contexte international marqué par des relations particulièrement tendues entre les deux blocs.
Cependant, l'élan vers l'unité européenne s'est toujours avéré plus fort que les retranchements ou les distinctions tatillonnes et passagères de quelques gouvernements ou groupes de pays et cet élan a également apporté une contribution significative à l'évolution des relations internationales.
D'ailleurs, des exigences partagées et pressantes étaient à l'origine de l'aspiration commune à stabiliser, par l'intégration, la liberté et l'indépendance des pays européens, à partir des six fondateurs: la France, la Belgique, l'Allemagne, l'Italie, le Luxembourg et les Pays-Bas.
Aujourd'hui, l'Europe paraît presque repliée sur elle-même. Souvent consciente, lors des sommets, des démarches à accomplir, et cependant incertaine au moment de se mettre en route.
Comme dans le passé, nous avons besoin de visions clairvoyantes, d'une capacité d'expérimenter des parcours nouveaux et courageux.
A cet égard, il convient de rappeler quelques données.
En l'an 2000, l'Union et ses Etats membres représentaient 26,5% du Produit Intérieur Brut mondial. En 2015, ce pourcentage a baissé de quatre points.
Toute la population du continent européen - y compris à l'extérieur des frontières de l'Union - est restée pratiquement stable au cours des vingt dernières années, autour de 750-800 millions de personnes. En revanche la population africaine, qui actuellement est d'environ un milliard de personnes, pourrait doubler en l'espace d'à peine vingt-cinq ans.
Ces deux éléments suffisent amplement pour comprendre que l'Europe dans son ensemble risque de voir son rôle s'amoindrir sur la scène internationale alors que, dans le monde, les Etats "géants" ne cessent de croître.
Aucun pays européen ne peut à lui seul assurer une véritable indépendance de ses choix. Aucune tentative de retour à la souveraineté nationale du passé ne pourra garantir aux citoyens européens la paix, la sécurité, le bien-être et la prospérité, car aucun pays européen ne pourra, à lui seul, se présenter sur la scène internationale en prétendant influencer les événements, étant donné ses dimensions et l'étendue des problèmes.
Aujourd'hui, tout comme il y a soixante ans, nous avons besoin d'une Europe unie, car les exigences de développement et de prospérité de notre continent sont indissolublement liées à la capacité collective de faire entendre notre voix sur la scène internationale, en affirmant les valeurs, les identités et les intérêts de nos peuples.
En 1957, et même avant, lorsque les Pères fondateurs, Adenauer, De Gasperi, Monnet, Schuman et Spaak ont conçu le premier projet d'intégration, l'identité européenne n'était pas mise en doute, ni en question. Nul besoin, à l'époque, de faire appel à des métaphores abstraites.
Les deuils, la faim, les ruines, les maladies, l'angoisse existentielle provoqués par les deux guerres mondiales - de l'Est à l'Ouest et du Nord au Sud - affligeaient des millions d'Européens qui n'avaient de cesse de se demander "pourquoi?", en adressant à leurs dirigeants respectifs un "plus jamais!" catégorique.
Les conséquences de la trahison des valeurs de la civilisation européenne- à deux reprises en l'espace de quelques années - étaient tout à fait évidentes et compréhensibles pour tous.
L'appel lancé par les Pères fondateurs consistait justement à rappeler que l'Europe de l'ouverture et de la solidarité, de l'art et de la science, l'Europe de la liberté de pensée, de la tolérance et de l'intégration, l'Europe des commerces, devait retrouver son chemin et qu'elle ne pourrait le faire qu'en étant unie, en réunissant les capacités et l'avenir des pays et des peuples du continent.
La persistance d'une multitude d'Etats européens souverains et distincts leur paraissait, dans ce sens, anachronique, à l'instar des libres communes et des petites principautés de l'Italie du XVIe siècle devant la puissance des Espagnols et des Français.
Dix ans plus tôt, le 29 juillet 1947, dans cette salle, Luigi Einaudi, qui quelques mois plus tard serait élu Président de la République, tenait le discours suivant en annonçant son vote en faveur du Traité de paix:
"Les Etats souverains érigeaient en vain de hautes barrières douanières pour préserver leur autosuffisance économique. Ces barrières ne servaient qu'à appauvrir les peuples, à provoquer leur colère les uns envers les autres, à leur faire parler un langage bizarre et incompréhensible d'espace vital, de nécessités géopolitiques et à pousser chacun d'entre eux à prononcer une excommunication exclusive à l'encontre des immigrés étrangers, comme si le repli enragé d'un peuple sur lui-même pouvait engendrer non pas la misère et le mécontentement mais la richesse et la puissance". Et il ajoutait, en appelant de ses vœux la création des Etats-Unis d'Europe: "il ne suffit pas de les prêcher. Ce qui compte, c'est que les Parlements des Etats minuscules qui forment cette Europe divisée renoncent à une partie de leur souveraineté en faveur d'un Parlement au sein duquel soient directement représentés, dans une Chambre élective, les peuples européens dans leur unité, sans distinctions entre les Etats et proportionnellement au nombre d'habitants et que, dans la Chambre des Etats, soient représentés, à égalité de nombre, les Etats individuels".
Autrement dit, la véritable alternative demeure celle qu'Einaudi nous indique depuis soixante-dix ans : entre la fragmentation et l'insignifiance de chacun d'une part et, de l'autre, un processus d'unification fondé non pas sur l'hégémonie du plus puissant mais sur un développement pacifique passant par des institutions fédérales et démocratiques (la leçon d'Altiero Spinelli), avec l'égalité des droits et des devoirs pour tous les Etats, grands ou petits qu'ils soient, qui décident d'y adhérer.
D'ailleurs, un an plus tôt, Winston Churchill avait lui aussi appelé de ses vœux la création d'une structure susceptible de reconstruire la famille des peuples européens, leur permettant de vivre en paix, en sécurité et en liberté: "une sorte - disait-il - d'Etats-Unis d'Europe".
Au cours de ces soixante ans d'histoire, l'Europe a su tenir la promesse centrale sur laquelle se fonde son identité.
La guerre a été tenue à l'écart et, pour la première fois depuis des temps immémoriaux, trois générations consécutives n'ont pas connu sa barbarie.
D'autres s'en s'ont aperçus, dans un pays qui ne fait pas partie de l'Union, et en 2012 - non sans quelque étonnement - ils ont décerné le Prix Nobel pour la Paix à l'Union européenne.
Et, lorsqu'un violent conflit armé s'est approché des frontières de l'Union, dans la péninsule des Balkans, malgré les incertitudes et les hésitations initiales, l'Europe a pris conscience de l'importance d'aider ces peuples voisins à sortir d'une crise qui semblait sans solution.
L'Union a décidé d'offrir à ces pays un ancrage politique dans le cadre européen. Grande est donc notre satisfaction en constatant que la Slovénie et la Croatie font aujourd'hui partie de l'Union et que les autres pays ont entamé un processus d'intégration progressive que l'Italie suit de très près, tout en l'encourageant.
Et n'oublions pas que l'appartenance commune à l'Union a permis de mettre fin à une longue histoire de violence meurtrière en Irlande du Nord.
Au fil du temps, l'Union européenne a accueilli des peuples et des pays marqués au cours de l'histoire par des dictatures dont ils se sont affranchis: la Grèce, et plus tard le Portugal et l'Espagne, se sont vu offrir un ancrage sûr pour leur avenir. Sont ensuite arrivés les pays sortant de l'influence soviétique qui, après 1989, ont rejoint une Europe jusque-là dépourvue de l'apport des cultures et des peuples centre-orientaux.
La pluralité de sensibilités, de positions politiques et de traditions nationales qui aujourd'hui sont réunies au sein de l'Union ont poussé d'aucuns à se demander si la décision d'avancer rapidement sur la voie de l'élargissement fut un choix éclairé.
Toutefois, même l'Europe ne peut pas se permettre, le moment venu, de reporter les rendez-vous avec l'histoire, ni peut-elle laisser que les séparations, voire les amputations l'emportent. Il faut, au contraire, pratiquer et renforcer la responsabilité réciproque et la solidarité aussi bien pour les avantages que pour les charges à supporter.
L'identité européenne est liée au patrimoine culturel et à l'héritage historique individuel de chacun, de même qu'au patrimoine de principes partagés que nous avons développés ensemble au cours de ces décennies. Il faut maintenant identifier les moyens permettant de pousser plus loin cette intégration.
Ces années de paix, de bien-être et de prospérité de l'Europe nous ont permis d'atteindre des objectifs dont nos Pères fondateurs seraient eux-mêmes très fiers, en dépit des limites et des carences.
L'Europe assure de nombreux avantages à nos concitoyens.
Les milliers de douanes et de règlements nationaux supprimés pour la circulation des personnes et des marchandises, ce qui pour un pays exportateur comme le nôtre est un atout précieux.
Nos produits empilés dans les rayons des supermarchés des villes européennes, sachant que plus de 60% de nos exportations sont destinées justement aux pays de l'Union.
Les cent millions de touristes qui chaque année, sans avoir besoin d'un passeport, circulent librement et sans obstacles - plusieurs d'entre eux en Italie - grâce à l'espace du Traité de Schengen.
Les millions de jeunes qui font librement leurs études dans les universités européennes dans le cadre du programme Erasmus.
La monnaie commune, qui est rapidement devenue le deuxième instrument de réserve à l'échelle mondiale. Dans le cadre de la politique de la Banque centrale européenne, l'euro a provoqué une forte baisse des taux de crédit, en protégeant l'épargne des entreprises et des ménages.
La protection accrue de l'environnement dans nos villes. Le développement des sources d'énergie renouvelables, la réduction des émissions de gaz nocifs. Les milliers de zones protégées qui préservent la qualité de notre vie.
La sécurité alimentaire garantie, pour notre santé, par la traçabilité des aliments consommés en Europe.
Les jouets sûrs pour nos enfants.
Les milliers de brevets protégés à l'échelle européenne.
Les traités commerciaux qui régissent et garantissent les relations avec d'autres pays.
La sécurité accrue découlant de la perspective d'une politique de défense commune, récemment relancée.
La protection de notre modèle social à l'intérieur.
La Charte de Nice des droits fondamentaux des citoyens de l'Union.
En inversant l'expression attribuée à Massimo d'Azeglio, on serait tenté de dire: " Nous avons fait les Européens, maintenant il nous faut faire l'Europe".
En effet, ce sont les personnes, et notamment les jeunes, ceux qui vivent déjà l'Europe, qui sont le gage de l'irréversibilité de son intégration. C'est sur eux que l'Union doit concentrer son attention et son engagement.
Messieurs les présidents,
Illustres parlementaires,
nos valeurs de liberté individuelle et collective, de tolérance envers les choix d'autrui, d'ouverture à l'égard des courants de pensée venant de contextes différents - sans pour autant renoncer au respect des lois et traditions locales - constituent les traits marquants de la civilisation européenne. En dépit des retards et des lacunes, ces valeurs sont à l'origine de son rayonnement et de son affirmation bien au-delà de nos frontières; elles ont aidé à forger une structure où le concept de solidarité, de soutien réciproque entre les différents échelons autour desquels s'articulent nos sociétés, l'harmonie entre l'espace public et l'espace privé, dans la tentative de réduire les grandes plaies sociales, représentent des caractéristiques saillantes de l'essence même de l'Europe.
La solution à la crise des dettes souveraines et du ralentissement de l'économie ne peut pas impliquer la compression des droits sociaux dans les pays membres. Ni peut-elle donner lieu à de grossières distinctions entre le Nord et le Sud de l'Europe.
Voici donc l'âme de notre Europe, voici notre identité.
Si nous voulons une Union européenne plus forte, c'est d'ici qu'il faut repartir.
Chaque fois que nous avons oublié cet élan idéal - individuellement ou collectivement - nous avons contribué - peut être sans nous en rendre compte - à transformer un grand projet politique en un programme technique et bureaucratique que les citoyens européens ont parfois du mal à s'approprier.
La situation économique et financière à déchiré le tissu social de nos pays, alors qu'à nos frontières l'instabilité générale et des phénomènes d'une portée historique - tels que les migrations - ont remis en question la capacité de l'Europe de satisfaire aux attentes de ses citoyens.
Les difficultés auxquelles l'Union européenne est confrontée - la situation financière, le phénomène migratoire, mais également les problèmes à la frontière orientale et méditerranéenne de l'Union et l'offensive terroriste - nous intiment de relancer le défi de la refonte des Traités : cette étape est incontournable, selon le rapport du Comité des Sages présenté il y a quelques jours à la Présidence de la Chambre des Députés.
Les ambitions du Traité de Lisbonne, actuellement en vigueur, s'avèrent inadéquates par rapport à la nature et à l'ampleur de la crise, de même qu'à l'égard de l'objectif d'aboutir à une intégration continentale de plus en plus poussée.
Messieurs les Présidents,
Illustres Sénateurs,
Illustres Députés,
la construction de l'avenir exige de l'Italie et de l'Europe toutes les ressources dont elles disposent, ainsi qu'une unité d'intentions extraordinaire et une confiance solide dans les valeurs fondatrices du processus d'intégration.
Pas de retours impossibles à un passé qui n'est plus, pas de murs qui repoussent les problèmes vers les autres sans les résoudre, mais plutôt la solidarité entre des pays, des générations et des citoyens qui partagent la même civilisation.
Lorsque l'Italie, à nouveau libre et démocratique, esquissait ses premiers pas dans la République, De Gasperi disait: " Pour résister, il faut puiser dans les énergies reconstructives et unitaires de toute l'Europe. Contre l'avancée des forces instinctives et irrationnelles nous ne pouvons que faire appel à notre civilisation commune: à la solidarité de la raison et du sentiment de la liberté et de la justice".
Il est plus que jamais nécessaire de reprendre ces mots à notre compte.
Chambre des Députés, 22/03/2017 (I mandato)
Altri elementi
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Intervento del Presidente della Repubblica, Sergio Mattarella, in occasione della seduta congiunta delle Camere per il Sessantesimo Anniversario dei Trattati di Roma: “I valori dell'Europa. Civiltà europea e unità d'Europa. Sette decenni di pace e democrazia nel Continente. Una scelta saggia e lungimirante”
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Address by the President of the Italian Republic, Sergio Mattarella, To a joint session of the Chambers of the Italian Parliament for the Sixtieth Anniversary of the Treaties of Rome "The Values of Europe. European Civilization and European Unity. Seven Decades of Peace and Democracy on the Continent. A Wise and Far-sighted Choice"